Chez Insolite, le retour des vins du Domaine Julien Meyer est toujours l’occasion de belles retrouvailles et de découvertes agréables. Patrick Meyer, qui a pris très jeune la relève du domaine familial à Nothalten, dans le Bas-Rhin, travaille ses vignes en biodynamie, une approche viticole qu’il défend avec passion, afin d’exprimer d’un vin à l’autre la véritable nature du cépage et du vignoble, du sol et du climat qui font chaque cuvée.
Pas de maquillage ou d’arsenal technologique envahissant, chez Patrick Meyer. Plutôt une approche qui bichonne les vignes et assure la santé et la vitalité de l’écosystème du vignoble, afin de livrer le mieux possible l’expression du lieu. Tout ce qui peut interférer est réduit au minimum – y compris le soufre, utilisé avec parcimonie. La pureté est un maître mot de ce vigneron qui veut « faire de la dentelle avec de la concentration ».
Au fil des ans, on a goûté des rieslings parfois floraux et aériens, parfois ancrés fermement dans la minéralité du sol, des muscats secs au parfum affriolant, des pinots noirs de finesse et d’élégance, des crémants à la bulle vive et à la rondeur séduisante, ou encore des gewurztraminer dont le parfum si caractéristique de rose et d’épices est soutenu par une structure très nette et rafraîchi par une de ces belles acidités dont Meyer a le secret.
On ne s’ennuie jamais, avec Patrick Meyer. Les vins peuvent surprendre, quelques-uns peuvent nous faire revoir nos repères ou nos idées reçues sur les vins d’Alsace – ou sur le vin tout court. Mais pas question d’être neutre, de se fondre dans la masse ou de passer inaperçu. Bien au contraire, le vigneron et ses vins s’affirment haut et fort. Voyez plutôt les rencontres animées qu’il a eu avec l’excellent blogueur Olif ou avec les amis de Maigremont, ou encore cette entrevue publiée sur le Forum des dégustateurs. Des textes qui parlent et qui ne laissent pas indifférents.
L’arrivage de cet automne, toujours à prix extrêmement raisonnables, offre deux riesling – la cuvée « régulière » et le cru Zellberg à la profondeur minérale exceptionnelle – un pinot gris aromatique et ouvert, et deux gewurztraminer – le cru Heissenberg, qui signifie (et exprime) les « pierres chaudes » de son nom, et un vendanges tardives à la surprenante fraîcheur qui fera merveille sur du foie gras, ou encore des desserts aux pommes, aux poires ou aux amandes. La liste complète des produits est disponible ici.
Ça bouge chez Insolite
Depuis deux ou trois semaines, les vins passent à toute vitesse, chez Insolite. Tellement qu’on a à peine eu le temps de voir passer les vins de Pascal Simonutti, dont le Boire Tue et le Vin de Bagnole ont fait fureur. De ce vigneron nature de la Loire ne restent à ce jour qu’une caisse de gamay et et quelques caisses d’un assemblage tout à fait unique de gascon et de chenin blanc, aux reflets légèrement rosés, avec du corps et du caractère.
Deux arrivages d’Espagne disparaissent déjà très vite. Presque la moitié des albarinos frais et amples d’Abalo Mendez, dans le Rias Baixas sont déjà envolés. Les Bierzo d’Arturo Garcia – ses mencia à la robe profonde et aux saveurs corsées, ou encore son godello gouleyant, aux intenses saveurs de pêche – ne feront de vieux os non plus. Les vins nature et détonnants de Laureano Serres en sont aussi à leurs derniers milles.
D’Italie nous sont arrivés des barberas et dolcettos plein de fruits de la maison Tre Acini. L’essayer, c’est l’adopter, apparemment, puisque la cuvée réserve Palmé est disparue en deux temps trois mouvements, et les barbera et dolcetto à petit prix se font déjà rares. Hâtez-vous, si vous souhaitez vous régaler de ces saveurs franches et séduisantes du nord de l’Italie.
Plein de belles choses sont en route, pour l’automne et l’hiver. Pas moins de cinq vignerons de quatre pays seront présents à la prochaine Convergente, salon des vins d’importation privée qui aura lieu en novembre à Montréal. On vous en reparle plus en détails bientôt.
Des honneurs pour Burgaud
Un des vignerons qui sera présent à Montréal en novembre est Jean-Marc Burgaud, dont les Morgon et autres superbes Beaujolais régalent nos clients depuis trois ans. Nous ne sommes pas seuls à les apprécier, puisque le New York Times a classé son Régnié Vallières dans le top 10 d’une récente dégustation visant à prouver que les Beaujos ne sont pas que des vins de plaisir simple, mais qu’ils ont aussi du racé et de la complexité. On ne le leur fait pas dire !

